Philippe Grimbert. Un secret.


«Fils unique, j'ai longtemps eu un frère.»

La phrase inaugure ce roman, ce secret, cette identité disparue, il conviendrait d'utiliser le pluriel : ces identités disparues. Je ne vais pas trahir ce secret ici, j'en conseille la lecture.

Court, on dirait presque un livre pour enfant, c'est le récit d'un enfant. Celui qui savait que son frère était bien là, «un vrai frère», avec qui il peut enfin partager les larmes qui l'empêchent de s'endormir. Un frère, dont la présence deviendra peu à peu tyrannique. Et qui aurait probablement été voué à rester un tyran disparu, sans le franc parler de Mademoiselle Louise. Une femme âgée, un rien fantasque, dont le cabinet partageait le rez-de-chaussée d'un immeuble avec le magasin d'articles de sport des parents de Philippe Grimbert depuis leur installation. C'est Mademoiselle Louise qui a surveillé ce magasin lorsque le jeune couple a déménagé plus au sud, avant de revenir une fois la guerre finie. Du moins c'est la version servie au jeune Philippe. «Le lendemain de mes quinze ans, j'apprenais enfin ce que j'avais toujours su.»