Hemley Boum, Le rêve du pêcheur.
Zachary, ou Zack, alias Petit Pa’, a quitté New-Bell, un quartier populaire de Douala. Il laisse sa mère Dorothée, son pote Achille et son amoureuse. Il est parti, précipitamment, sans un mot, aidé ou forcé par un mystérieux colonel, pour se retrouver à Paris.
Dans cette ville qui l’enchante et le déstabilise, il étudie la psychologie, fonde une famille, Julienne et ses deux filles, découvre qu’il existe des cultures noires, des notions de créolité, des noms antillais et bantous.
Jusqu’à ce que l’édifice bâti sur des fuites malheureuses ne menace de s’écrouler.
Son grand-père, Zacharias menait sa barque, à Campo, village côtier du sud du pays, niché à l’embouchure du fleuve Ntem. Pêche fructueuse et routine bienveillante rythmaient la vie avec sa femme Yalana et ses deux filles.
Jusqu’à ce que débarquent la société d’exploitation du bois, les chalutiers, les fausses promesses de richesses, en réalité l’exploitation, le pillage, les dettes, puis un enchaînement de malheurs qui mèneront Zack à Paris.
Dans le paquetage de Zachary gigote une lignée cabossée, amputée, rafistolée où les disparus resurgissent, où l’océan nourrit et engloutit, où le crachin parisien finit par glacer le sang, et où le cours de l’existence doit être cheminé à l’envers, afin de briser les croyances et danser une douce rumba.
«Il faudrait ne rien avoir vécu pour espérer échapper aux regrets.»
12 août 2026
Les filets de la vie